Prise de fonction

Le 11 octobre à 19:00, mon élection comme Recteur de l’Université de Liège était annoncée. Le 23 octobre je prenais officiellement la parole en tant que nouveau Recteur et présentais mon équipe. Le texte de mon discours est repris ci-dessous.


Mesdames et Messieurs en vos titres et qualités,

Ce discours de rentrée, je l’ai divisé en trois parties. Je m’adresserai d’abord à la communauté universitaire, ensuite à notre entourage immédiat, ville, région et pays, et enfin au monde.

A la communauté universitaire, j’adresse d’abord mes remerciements pour la confiance qui m’est faite. Elle n’a certes pas été électoralement unanime, mais ce qui comptera est celle que je pourrai et veux construire, jour après jour, au cours des quatre prochaines années. Mes remerciements vont aussi, à ceux qui m’ont accompagné jusqu’ici et à tous ceux qui m’aideront dans la lourde tâche de conduire notre institution.

Parlant de l’Université, la première question que nous devons nous poser est : quelle université voulons-nous ? Heureusement, même s’il y a des nuances dans les avis au sein de la communauté universitaire, l’accord est assez unanime sur quelques caractéristiques essentielles : le renforcement mutuel entre recherche et enseignement, un enseignement qui transmet plus que des compétences pointues, une recherche de qualité intégrée dans les réseaux mondiaux, une forte interaction avec notre environnement proche, que ce soit dans les domaines scientifiques, technologiques, industriels, culturels ou du débat des idées.

En fait, la question n’est pas celle de l’objectif, mais du chemin pour y arriver. Pour le baliser, il faut d’abord s’imprégner du fait qu’une grande université se construit non seulement avec des moyens, mais surtout avec des femmes et des hommes passionnés par la recherche et l’enseignement à qui l’on laisse une grande liberté pour développer leurs activités. La recette est donc relativement simple : il faut avant tout veiller à la qualité de nos recrutements et offrir un environnement qui permette à chacun de développer au mieux ses activités.

Il n’y a rien de mystérieux à un recrutement de qualité : une procédure ouverte, rigoureuse et transparente, ce qui est déjà la règle générale. Cela implique aussi d’annoncer nos postes suffisamment tôt, d’en faire une publicité large, cela contribue aussi à nous faire connaître, et tenir compte du calendrier international des recrutements. Ne sous-estimons pas notre attractivité, d’autant plus que l’Amérique de Trump et le Brexit sont pour nous de tragiques atouts.

Offrir un environnement de qualité est moins immédiat et dépend assez directement de comment notre université fonctionne et utilise ses moyens. Ici, je dirais sans ambiguïté que l’on peut mieux faire. Mon but n’est certainement pas de réformer une fois de plus nos structures, car chaque réforme crée incertitudes et perturbations. Nous commencerons par faire mieux fonctionner ce qui existe. Voici quelques exemples.

Motiver clairement nos décisions en s’assurant que chacune va dans le sens de nos objectifs. Tout compromis de facilité nous fait perdre du terrain.

Evaluer et tenir compte de l’impact de nos décisions sur les individus. Si une décision n’est pas construite sur la concertation en tenant compte des personnes qu’elle affecte et des changements qu’elle implique, elle sera mal perçue, vécue et appliquée.

Examiner les questions globalement. Nos ouvertures de charges arrivent au compte-gouttes à notre Conseil d’Administration, sans qu’une vue globale en soit présentée. Chaque faculté a construit son plan, mais l’intégration de ceux-ci n’est pas explicitement visible.

Raccourcir les circuits de décisions. Ce n’est pas le nombre d’étapes qui fait la qualité d’une décision, mais bien le soin qui est pris à chacune.

Simplifier et alléger nos procédures. Trop souvent, on applique des règles et procédures dont on ne comprend plus l’intérêt ou la motivation. C’est alors le bon moment pour les remettre en cause.

Des principes de bonne pratique certes, mais où est la stratégie ? D’abord un fonctionnement harmonieux qui permet à chacun de travailler dans de bonnes conditions est déjà un objectif stratégique. Pour une université, comme pour une entreprise, une région ou un pays, une gestion cohérente et efficace est une condition indispensable du succès. Ensuite, une stratégie consiste à se focaliser sur un nombre limité d’objectifs particuliers qui contribue à notre objectif général. En voici quelques prioritaires.

La mobilité vers nos campus, en particulier le Sart-Tilman, est clairement un problème. Un objectif est que nos étudiants qui louent un kot, pour se rapprocher du campus, puissent arriver dans leur salle de cours en 15 minutes, grand maximum 30. Notre attractivité tant nationale qu’internationale en dépend.

Notre enseignement doit continuer à s’ouvrir aux nouvelles méthodes permises par le numérique. Tout aussi important, nos programmes d’études doivent, sans surcharge, permettre une ouverture vers des matières autres que la spécialité choisie. C’est notamment ainsi que nous formerons à aborder les problèmes complexes auxquels notre monde est confronté.

Notre gestion des moyens de recherche doit avoir pour objectif de placer le chercheur dans de meilleures conditions pour progresser. Comme l’a très bien formulé mon Vice-Recteur à la recherche, Fabrice Bureau : « un système adapté aux chercheurs, plutôt que des chercheurs adaptés au système. »

Notre rôle par rapport au monde et à son développement durable doit devenir plus central. Nous avons là une triple mission : par notre recherche, comprendre, analyser, anticiper et communiquer ; par notre enseignement, former et donner les outils pour agir ; par notre comportement et notre gestion, être un exemple et une référence.

Nos relations avec la cité, les entreprises, nos Alumni ne doivent plus être négligées. Le bénéfice en sera important et mutuel.

Si je me tourne maintenant vers notre région. Mon premier message est de rappeler ce à quoi nous contribuons.

Nos diplômés sont des personnes clés dans de nombreuses entreprises et institutions. Présents à travers le monde, ils nourrissent notre réseau économique. Tout aussi crucial, Ils sont fondateurs d’entreprises et ont ainsi beaucoup apporté à la reconversion et au développement de notre Région. De même, notre recherche aide les entreprises existantes à innover et à se développer. Et, n’oublions pas que l’Université et son institution sœur, le CHU, sont de très gros employeurs locaux.

Mon deuxième message concerne ce que nous attendons de la Région et des autres niveaux de pouvoir dont nous dépendons. Au risque de vous surprendre, je ne parlerai pas de moyens financiers. Il y aura pour cela d’autres occasions, mais aujourd’hui je veux aborder un autre thème : un de nos handicaps majeurs est d’être submergés de contraintes légales et réglementaires constamment changeantes.

La façon dont notre enseignement doit être organisé et géré est minutieusement décrite dans une série de décrets régulièrement revus. Les objectifs sont globalement défendables, mais le tout est tellement complexe que rares sont ceux qui s’y retrouvent. L’effort que cela demande à notre personnel est lourd, au point qu’une aide spécifique nous est accordée pour nous soutenir dans la gestion des règles qui nous sont imposées.

Une autre conséquence est que nos étudiants reçoivent des messages brouillés sur leur situation dans le parcours universitaire, au point que certains se retrouvent sans s’y attendre dans la délicate situation d’être « non-finançables », ce qui compromet sévèrement leur possibilité de poursuivre leur formation dans l’enseignement supérieur.

Nous recevons des financements dédicacés dont le but est de régler des problèmes particuliers, par exemple les difficultés de début de parcours ou la coopération entre universités et haute-école. Des intentions louables, mais un chemin vers un enfer de complexité. Et, je n’aborderai pas aujourd’hui le décret en préparation sur la formation initiale des enseignants.

Que la recherche contribue au développement régional est largement reconnu. La tentation est alors de vouloir accélérer et amplifier le processus en prescrivant de plus en plus précisément qu’un financement de recherche doit avoir pour effet un impact économique mesurable. La conséquence est soit que le caractère innovant des projets est réduit par prudence, soit que l’on tombe dans une présentation imprudemment optimiste. Dans les deux cas, on reste en deçà de notre vrai potentiel. La collaboration avec les entreprises est très positive, a toute sa place et est mutuellement bénéfique, mais n’en sur-prescrivons pas les modalités.

Le FNRS a fort heureusement comme slogan « La liberté de chercher » et en a montré toute la valeur depuis 90 ans. Préservons ce joyaux de la prolifération des règles et contraintes.

Au début de mon intervention, j’ai insisté sur l’importance de laisser nos enseignants et chercheurs libres de développer leurs activités dans de bonnes conditions. La même règle d’or s’applique aux interactions entre un pouvoir et ses universités : soutien et contraintes légères sont une recette quasi miraculeuse de succès.

Mon message au monde est de clamer notre présence : nous sommes là, actifs, avec des personnes de grande qualité. Mais, pour que le message passe et se renforce, il faut qu’il soit porté par chacun d’entre nous. Cela nous ramène à mes premières considérations plus internes. Si nos chercheurs sentent que notre université fonctionne bien, ils en vanteront les mérites avec convictions lorsqu’ils voyagent. Nous entrons alors dans une boucle positive où notre réputation se développe, ce qui améliore notre attractivité, ce qui augmente nos possibilités de recrutement… et l’effet se renforce. Sans en faire un objectif, c’est ainsi que nous monterons dans les fameux rankings.

Pour terminer, je voudrais dire un mot de nos étudiants et chercheurs internationaux. Nous en avons accueillis tout au long de notre histoire, plus à certaines époques qu’à d’autres. Cela a toujours été très positif tant pour l’institution, que ses étudiants et la région. Une université ouverte qui valorise toutes les diversités et offre à chacun la possibilité d’aller au bout de ses possibilités est pour moi un idéal. Je l’ai vécu comme étudiant ici et ailleurs et, si je suis devant vous ce soir, c’est pour que nous travaillions ensemble pour l’offrir aux générations qui nous suivent.

La raison aura raison des divisions

Interrogé récemment à chaud sur « Pourquoi voter pour vous ? », la première phrase de ma réponse fut : « J’apporte une attitude calme et raisonnée à la gestion de l’Université. ». Le thème de la raison mis en évidence dans ma réponse spontanée a été central dans mes écrits et prises de positions, bien avant, et tout au long de cette campagne électorale. Pour moi, il s’agit de toujours pouvoir motiver et expliquer les positions et décisions que l’on prend, qu’elles touchent un individu ou l’Institution dans son ensemble.

Motiver et expliquer n’apportent pas une garantie de consensus, mais si l’on y joint la concertation avec les personnes effectivement concernées et le respect strict de valeurs (intégrité, humanité et liberté sont celles que je porte), les divergences éventuelles sortent du domaine des craintes liées à l’incompréhension pour revenir sur le plan du débat des idées. Loin des conflits et des divisions, on est alors face à des différences de points de vue, toujours constructives, dont il ressort en définitive du positif pour l’ensemble de la communauté.

Ce thème était tout aussi central dans mes conclusions du dernier débat électoral où je développais mes vues sur le rôle du Recteur (la vidéo est accessible ci-dessous). C’est fort de cette approche, qui a déjà fait ses preuves au sein de l’équipe qui s’est réunie autour de moi dès le début de la campagne électorale, que je vous invite à nous rejoindre pour que nous travaillions ensemble pour l’Université de Liège.

 

Quand l’histoire repasse les plats

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Une chose qui frappe quand on regarde les résultats de ce troisième tour de l’élection rectorale est que l’écart de voix entre les 5 candidats (« A Personne » disposait aussi d’une case sur le bulletin de vote) est très net, même étonnamment net vu le nombre de candidats.

Ce constat étant fait, observons que ce 3e tour, dont l’intention annoncée était de faire émerger de nouveaux candidats, n’a pas eu l’effet escompté. Par contre, il nous met dans une situation que beaucoup doivent envier : rejouer l’histoire ! En effet le 4e tour sera le 2e tour manqué de peu, et appelé de ses vœux, par E. Pirard qui n’avait été que très légèrement devancé par A. Corhay au 1er tour. C’est une possibilité inédite et intéressante qui pourrait en tenter plus d’un. Qu’en pensez-vous M Fillon ?

Revenant à notre élection rectorale, il y aura au moins un avantage à cette possibilité de voir repasser le plat, la légitimité du vainqueur sera incontestable. Et, si dans mon titre j’ai contredit la citation de Céline, dans le fond j’y souscris pleinement ; le 10 octobre l’Université aura choisi pour quatre ans, sans retour en arrière possible.

A la veille du vote / A Day before Voting Starts

En cette veille de vote, je vous invite à découvrir quelques nouveautés sur mon site de campagne euliege.be : 


On this day preceeding the vote, I would like to attract your attention to a few new items on my campaign web site euliege.be : 

Vision, valeurs et actions

Texte publié dans le numéro spécial du 15e jour consacré aux élections rectorales. A ne pas manquer: le dessin de Pierre Kroll en dernière page.

 

Trois mots que j’ai fréquemment utilisés durant cette campagne électorale sont : « vision », « valeurs » et « actions ». Vision, car il faut savoir où l’on va et pourquoi. Valeurs, car suivre un objectif sans références peut mener à des dérapages. Actions, car il ne suffit pas de connaître le cap, il faut encore organiser, coordonner et exécuter la multitude d’actions petites ou grandes qui mènent le navire dans la direction choisie et permettent de passer au travers des tempêtes et autres dangers.

Ma vision pour notre Université est que, plus que jamais, l’intégration de l’enseignement et de la recherche qui nous caractérise nous permettra de jouer pleinement notre rôle. Celui-ci est essentiel, tant dans les domaines scientifique, technique et économique que face aux modifications de l’organisation sociale et à celles concomitantes des parcours individuels de vie que l’on voit se précipiter vers nous comme un bolide.

Il est facile d’annoncer des valeurs, mais il n’y a que nos actions passées qui rendent l’annonce crédible. Les valeurs que j’ai toujours défendues, intégrité, humanité et liberté, seront le rempart qui garantira à chacun dans notre Institution un parcours sans la crainte de l’arbitraire ou d’expédients en apparence efficaces, mais porteurs de dégâts tant pour les individus que pour la collectivité.

Pour construire des actions, quatre principes me sont chers : concertation, confiance, continuité et compétence. Concertation, car la meilleure information, les meilleures idées viennent de ceux qui sont sur le terrain et connaissent le sujet. Confiance, car c’est par la conviction que chacun agira dans le sens voulu, pas par l’imposition de règles toujours plus nombreuses. Continuité, car pour changer, il ne suffit pas d’imposer une nouvelle situation ou organisation, il faut surtout soigneusement planifier le trajet qui y mène ; il sera d’autant plus rapide qu’il se fera sans transitions brutales. Compétence, car pour agir, mieux vaut connaître le terrain, non seulement vu de loin, mais aussi avec l’expérience de l’avoir fréquemment parcouru. Il en va ainsi de l’équipe que j’ai réunie qui, tout en étant orientée vers un renouveau, fédère des expériences variées.

Vu l’élection tardive, la prise de fonction de la nouvelle équipe rectorale se fera sans le temps d’une transition, mais je la veux sans soubresauts pour l’Université. Nous commencerons par assurer un suivi, rigoureusement guidé par nos valeurs, de ce qui est en cours, en particulier les procédures de promotion. Les premières mesures plus structurelles seront des simplifications : éliminer certaines procédures ou étapes de procédures, revoir les règles inutilement contraignantes, comme la séparation stricte entre entités d’enseignement et de recherche et la répartition du personnel qui en découle.

Ensuite s’ouvriront d’autres chantiers : une communication interne nettement plus explicite et fréquente, une gestion revue et plus transparente des carrières, une attention renouvelée à la vie étudiante, l’amélioration de la mobilité, l’évolution de notre enseignement et la formation tout au long de la vie, des actions pour un meilleur soutien de notre recherche, le combat pour notre financement, le bon usage de nos moyens et une planification revue de nos investissements immobiliers. Les problèmes de bien-être au travail et les conséquences lourdes qui en résultent trop souvent auront toute notre attention dès les premiers jours. Au-delà des mesures spécifiques et individuelles, nous travaillerons dans un nouvel esprit de confiance et de coopération qui aidera beaucoup et fera de la « communauté universitaire » une réalité pour tous. Ensemble pour l’Université de Liège !

Election : seconde édition

La seconde phase de l’élection du Recteur de l’Université de Liège est maintenant lancée avec quatre candidatures déposées. Le vote aura lieu les 24 et 25 septembre.

Pour cette nouvelle étape de l’élection, j’ai déposé un programme présenté comme la seconde édition de celui du mois de mars : le texte a été revu et repoli, mais il n’y a revirement ni sur la vision et les propositions, ni sur les personnes.

Je veux donner un nouveau cap à l’Université et le tenir fermement pendant quatre ans, comme je le fais à travers ce long processus électoral. En d’autres mots, une gouvernance stable pour que notre Université évolue et change, mais sans perturbations inutiles.

Découvrez mon engagement pour l’Université,  la nouvelle édition de mon programme, et la présentation de mon équipe.

 

Quand tout est à recommencer

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En examinant les résultats de ce second tour de l’élection rectorale, on est forcément interpellé par le score du candidat « Personne » qui arrive en deuxième position et ne permet pas de conclure, alors que le résultat est par ailleurs très clair. Comment l’interpréter ? Voici quelques réflexions sur le sujet.

« Personne » est un candidat qui ne peut déplaire ni par ses antécédents, ni par sa personnalité, ni par ses prises de positions, ni par son activité sur les réseaux sociaux, ni par son programme.

« Personne » a été très clairement soutenu par Eric Pirard, candidat éliminé au premier tour. Il est difficile d’y voir d’autre objectif que celui, déjà déclaré, de revenir dans la course dans la nouvelle procédure qui va être lancée. C’est se servir du deuxième tour pour remettre en cause le premier, peu importe si c’est au détriment du fonctionnement de l’Institution.

« Personne » a fort probablement aussi bénéficié du ton donné au débat du deuxième tour dans l’exposé introductif explosif d’Albert Corhay : neuf minutes trente (sur dix) d’attaques personnelles après lesquelles un débat « normal » n’était plus possible ; les vidéos méritent d’être vues et revues. Tentative désespérée pour gagner une élection de toute évidence perdue, ou acte de sabordage visant la destruction de tout qui s’oppose à lui ?

Les attaques ? Je prendrai un seul exemple parmi les moins ad hominem. Pour Albert Corhay, je « perdrais le fil de mes idées » parce que, dans mon programme, à propos du très réel problème de mobilité vers le Sart-Tilman, je propose « La promotion de projets de transport alternatif, en particulier une liaison par téléférique entre le futur tram et le Sart-Tilman. ». Or, ce projet est sérieusement examiné par la ville de Liège, ce qui a été confirmé par le Bourgmestre lui-même. Aussi, l’exemple d’un projet similaire en cours de réalisation à Toulouse montre clairement que cela n’a rien d’utopique.

Il y a un autre élément crucial qui, à mes yeux, a également contribué au vote « à personne » : la confiscation des échanges libres nécessaires et l’analyse approfondie et comparative des programmes et de la capacité à les mettre en œuvre, dans une campagne dont les débats ont été trop cadrés.

Alors, quand tout est à recommencer, on se met à l’ouvrage sans tarder. Avec mon équipe, nous mettrons les mois qui nous séparent du nouveau scrutin à profit pour écouter, expliquer, dialoguer et développer davantage les actions et politiques que nous voulons mettre en œuvre. C’est ainsi que nous construirons ensemble, avec vous, pour l’Université de Liège.

Mon message pour l’Université de Liège

Ci-dessous, la vidéo de mon intervention de conclusion après un dernier débat marqué par les attaques tous azimuts, mais sans projet, du recteur en place, Albert Corhay.


L’ensemble des vidéos du débat sont disponibles ici (accès réservé aux membres de l’Université de Liège)

L’Université a parlé

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Le verdict des urnes est tombé et il porte un message d’espoir qui résonne en moi : une large majorité de la communauté universitaire veut une Université forte dans sa région comme dans le monde et qui, libérée des lourdeurs, retrouve fraîcheur et vitalité.

Le programme que j’ai présenté porte des messages très clairs sur le positionnement de notre Université, l’allégement de son fonctionnement, le sens et le plaisir que chacun doit retrouver dans son travail, la confiance qu’il faut restaurer et l’adhésion à un projet enthousiasmant que nous devons partager. Je suis convaincu que le mettre en œuvre répondra aux attentes exprimées.

Pour cela j’ai réuni une équipe qui combine renouveau et expérience. Le renouveau apporte des questionnements, des idées, des rêves. J’aime cela, ayant toujours cherché à penser hors du cadre, à mettre en place des solutions nouvelles, à bousculer les idées reçues, à contester le prétendument immuable. L’expérience apporte la capacité à concrétiser rapidement les projets et à éviter les obstacles à leur mise en œuvre. J’aime aussi cela, étant naturellement pragmatique et ayant appris à me méfier des excès et à susciter l’adhésion pour paisiblement aller collectivement de l’avant.

Après ce premier tour, la fin de la période électorale est en vue et les conditions sont réunies pour repartir dans une université apaisée, corrigeant ses erreurs, avançant sans hésitations inutiles et agissant dans une transparence motivée rassurante. C’est cela que je veux, que nous construisions ensemble pour l’Université de Liège.

L’histoire d’une équipe – A Team’s Story

**** English translation below*****

Chers membres de l’Université de Liège,

Si je me présente à l’élection du Recteur avec une équipe réunie sous la bannière « Ensemble pour l’Université de Liège », c’est le résultat d’une volonté commune de  changer notre Université. Chacune et chacun, dans notre métier et dans des fonctions à responsabilités, avons fait le constat que la direction prise n’était pas la bonne et que résister individuellement n’était pas suffisant. Alors, nous nous sommes unis.

Nous voulons une université forte, qui se présente avec confiance, qui décide sans constamment hésiter, qui soit juste envers ses membres, qui donne du sens au travail de tous et qui soit rayonnante et exemplaire. C’est ainsi qu’elle remplira pleinement sa mission au service de nos étudiants, de notre région et qu’elle aura sa place dans le monde.

Ces dernières semaines, très nombreux sont ceux qui m’ont dit  « J’espère pour l’Université que tu seras élu ». C’est le plus bel encouragement que l’on puisse entendre, car l’enjeu n’est pas l’avenir d’une personne, mais celui de toute la communauté universitaire.

Découvrez mon équipe, consultez notre  programme, lisez mes prises de positions sur euliege.be. Que votre choix soit guidé par l’avenir de notre Université !

Bien cordialement,

Pierre Wolper

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Dear Members of the University of Liège,

If I am standing for the election of the Rector with a team united under the banner « Together for the University of Liége », it is the result of a common will to change our University. Each one of us, in our usual work and when holding various offices, came to the conclusion that the University is not moving in the right direction, and that individual resistance was not enough. So, we united our forces.

We want a strong university that shows confidence, that decides without constantly hesitating, that is fair towards all its members, that gives meaning to everyone’s work and that is an example and an inspiration. It is by doing so that it will be able to completely fulfil its mission, serving our students and  our region, and to hold its place in the world.

These last few weeks, many have been those who told me « I hope for the University that you will be elected ». These are the nicest words of support one can hear, for the issue is not the future of one person, but of the entire University community.

Discover my team, our program and read my position statements on euliege.be and let your choice be guided by the future of our University !

Best Regards,

Pierre Wolper

L’Université n’est pas un bilan comptable

Cloots&Haubruge

Eric Haubruge et Rudi Cloots ont choisi de ne pas continuer à travailler avec Albert Corhay, mais de se présenter à mes côtés pour l’élection rectorale de cette année. Ils s’expliquent.

Pierre Wolper  


Il y a quatre années, en tant que Vice-Recteurs, nous nous engagions aux côtés du Recteur Albert Corhay pour un mandat de 4 ans. Celui-ci arrive à son terme.

Nous avons toujours voulu une université qui remplisse au mieux ses missions essentielles, mais aussi s’ouvre largement à la société. Nous avons toujours souhaité une université qui convainc de son apport et qui résiste aux pressions qui la condamneraient à terme au déclin dans un rôle étriqué.

Être loyal pour nous, c’est s’engager, c’est continuer à nous battre pour ce modèle d’université, et non faire allégeance à un quelconque candidat recteur qui ne rencontrerait pas nos objectifs.
Tous les deux, nous sommes libres de nos choix, nous sommes prêts à les assumer, nous osons prendre des initiatives, des risques, car c’est l’essence même de notre démarche au profit de l’Institution.

Ces quatre années ont mis clairement en évidence les fractures qui pouvaient exister dans nos visions de l’Université de demain, dans son mode de gestion. Plus qu’un homme, c’est un modèle de gouvernance que nous dénonçons aujourd’hui au travers de notre candidature aux côtés de Pierre WOLPER.
Nous ne voulons plus d’une université où l’angle d’approche stratégique prioritaire est la gestion purement comptable, où la recherche d’une stabilité budgétaire est presque exclusivement basée sur la restriction des moyens, où le rapprochement à outrance avec les hautes écoles, et sans stratégie, rend fragile notre positionnement, et à l’international, et vis-à-vis des autres partenaires universitaires de la Communauté Française. Nous voulons affirmer nos différences, nos spécificités, dans un modèle où chacune et chacun collaborent, s’épanouissent.

L’idée de créer une Faculté d’Education comme espace d’attractivité des étudiants en recherche d’une formation d’enseignant, en réponse au décret, très critiqué (et à juste titre) de la formation initiale des maîtres, est de nature à amplifier les craintes des collègues qui voient dans ce scénario (conçu presque sans l’aval des doyens des facultés) une dilution de la formation disciplinaire qui perdrait de sa substance. Nous n’acceptons pas que la qualité de nos formations soit négociée. La fin ne justifie pas les moyens !

Enfin, le Plan Stratégique Institutionnel, présenté comme un véritable outil prospectif, a sans doute le mérite d’exister. Ce plan a mobilisé presque l’ensemble de la communauté universitaire dans la définition des objectifs prioritaires dans tous les domaines de l’Institution. Nous en avons pourtant fait un recueil indigeste d’un ensemble d’actions qui tendent à apporter des réponses à de trop nombreuses problématiques maladroitement identifiées.
Ce plan stratégique, nous l’avons élaboré, avec le collège rectoral en place (nous assumons notre part de responsabilité); mais nous le voulions plus ciblé, plus circonscrit, à la fois dans le temps et dans l’espace universitaire. Nous arrivons aujourd’hui, dans les domaines de nos compétences (enseignement et recherche), à proscrire certaines approches, à redéfinir les priorités au travers d’une validation institutionnelle par le comité de pilotage du plan stratégique.
Force est de constater que les avancées les plus spectaculaires concernent nos domaines d’expertise au sein du collège rectoral. Nos bilans respectifs démontrent très clairement la ligne qui a été la nôtre tout au long de notre mandat.

Il eut sans doute été plus facile de « reprendre » la route tous ensemble. Nous aurions aussi, l’un et l’autre pu prétendre à la fonction rectorale. Les raisons qui ont motivé notre choix aujourd’hui sont dictées par l’unique volonté d’agir positivement en faveur de l’Université de Liège, dans un contexte qui laisse beaucoup de place à l’espoir et qui mettra l’Institution en 2021 dans une position favorable de négociation de l’enveloppe de financement. Mettre nos compétences au service de l’Institution et non au service d’un seul homme, voilà notre combat !

Eric HAUBRUGE et Rudi CLOOTS

Journal de campagne : le premier débat

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La deuxième semaine de campagne a été marquée par le premier « débat »,  le jeudi 29/3 en soirée. Le déroulement en était très cadré : exposé de 20 minutes par chaque candidat et réponses aux questions groupées par thème, chacun intervenant à son tour. Le temps de parole total des candidats était soigneusement minuté, égalité oblige, mais les échanges directs fermement découragés.

Pour ma part, j’ai trouvé l’exercice plutôt plaisant, le seul inconfort étant quelques tiraillements de l’estomac, dus à un repas postposé après une soirée somme toute fort longue. Le plaisir d’un plat de pâtes partagé en équipe à l’issue du « spectacle » n’en fut que plus grand, dans l’ambiance qui doit être celle d’une troupe de théâtre après une « première » réussie.

Pour introduire ma présentation, j’avais choisi de m’interroger sur l’usage de la méthode scientifique dans un cadre électoral. C’était certes un peu académique, mais répondait très certainement à la demande d’un débat « plus élevé » et était simplement une réflexion sur le peu d’informations fiables et vérifiables dont on dispose en général au moment de voter. Les américains et les anglais en sont progressivement de plus en plus conscients. A l’échelle plus modeste de l’Université, les mots qui plaisent sont tout aussi faciles à trouver et l’essentiel reste de choisir les femmes et les hommes. Pour mieux me connaître, lisez mes écrits et, si le cœur vous en dit, visionnez ma présentation. Cela ne vaut pas un bon feuilleton, mais je m’y livre sans fard. Venez aussi à ma rencontre lors des prochains épisodes (débats).

Journal de campagne : de l’éthique des robots à la démocratie en question

Après les remous suscités par la publication dans La Meuse du mercredi 21 mars d’un article relatant les événements du début de campagne sur l’éligibilité d’Eric Haubruge, je pensais terminer vendredi sur une activité purement universitaire avant de poursuivre samedi avec la belle cérémonie honorant nos docteurs avec thèse et onze nouveaux honoris causa.

En effet, vendredi matin, je suis intervenu à Bruxelles dans un séminaire de formation dont le thème du jour était « Ethics and AI ». Un public attentif, d’autres intervenants captivants, des échanges stimulants, bref du vrai plaisir. De retour à Liège, je tombe dans un débat, moins feutré, sur la démocratie. Des chercheurs s’en inquiètent dans une carte blanche, alors que le Recteur la trouve bien vivante.

La démocratie me tient terriblement à cœur et cela m’a rappelé qu’en février 2017, je me suis exprimé ouvertement, alors qu’il était difficile de le faire, sur une tentative de dérive grave. Mon texte d’alors était écrit sous la forme d’une fable. Je n’ai rien écrit depuis dans ce style, mais si vous avez l’envie de vous y replonger, je vous recommande un texte du Maître du genre : Les animaux malades de la peste.

Chronique d’un programme retardé

Le dépôt des candidatures pour l’élection rectorale de l’Université de Liège s’est clôturé le lundi 12 mars et la commission électorale s’est réunie ce mercredi 14 pour procéder à l’examen des candidatures. Processus qui habituellement se résume à vérifier que les candidats ont bien remis les documents demandés et satisfont effectivement aux conditions d’éligibilité.

Mais, cette fois il y avait une surprise ! Un des candidats, Albert Corhay, avait introduit une réclamation à propos du contenu supposé du programme d’un mystérieux candidat P. Volper. Assez naturellement la commission a conclu qu’il s’agissait de moi, le nom cité étant fort proche du mien. Nul n’est à l’abri d’une erreur mais, par trois fois répétée, celle-ci sortait de la plume du Recteur de mon Université que je côtoie depuis plus de 20 ans et qui a vu mon nom dans des documents des centaines de fois. Je suis un peu vexé, je l’admets. La réclamation ne me concernait pas personnellement, mais bien le fait que j’avais fait état de mon intention de proposer Eric Haubruge comme Vice-Recteur et que cette information ne pouvait pas figurer dans mon programme. Le motif présenté était qu’Eric Haubruge, ayant déjà été deux fois Vice-Recteur, n’est plus éligible pour un troisième mandat.

De fait, mon programme citait Eric comme Vice-Recteur dans ma future équipe. Il a été de 2009 à 2014 Vice-Recteur du site de Gembloux et de 2014 à 2018, Premier Vice-Recteur de l’Université de Liège, désigné par son Conseil d’Administration. La loi dit bien que le mandat du recteur, du ou des vice-recteurs n’est renouvelable qu’une fois. Il faut toutefois se rappeler que le contexte légal a été modifié par de multiples décrets dont : un de 2008, introduisant la possibilité de vice-recteurs « supplémentaires », un autre la même année pour la fusion avec Gembloux et introduisant le Vice-Recteur de site pour Gembloux, élu par le corps académique de Gembloux, et un troisième en 2013, ouvrant le scrutin à l’ensemble du personnel et des étudiants et supprimant le poste de Vice-Recteur désigné par la Faculté de Gembloux.

Le premier mandat de Vice-Recteur d’Eric Haubruge est donc un mandat qui n’existe plus dans l’Université de Liège et, des esprits à la logique visiblement incertaine (dont le mien) n’ont pas vu dans son bien différent mandat actuel de Premier Vice-Recteur, le renouvellement du précédent. Il est d’ailleurs piquant de se souvenir qu’Albert Corhay a déploré qu’Eric Haubruge ne voulait plus se représenter avec lui comme Vice-Recteur pour cette élection.

La question a été tranchée par la commission électorale ce vendredi 16. Préalablement, j’avais transmis une nouvelle version de mon programme où il n’est plus mentionné qu’Eric Haubruge sera proposé comme Vice-Recteur, cette information n’étant ni nécessaire, ni obligatoire. J’ai pu présenter mon point de vue qui ne demandait rien d’autre que la publication immédiate de mon programme, cela en présence du Prof. Ann Lawrence Durviaux, spécialiste en droit administratif, représentante du Professeur Corhay et proposée comme Première Vice-Rectrice dans son programme électoral.   La commission a tranché et sa décision communiquée à la communauté universitaire : mon programme modifié est publié et la commission « prend acte » de l’inéligibilité d’Eric Haubruge à la fonction de Vice-Recteur.

Ce qui me frappe dans cette histoire ne sont pas les aspects légaux, mais les aspects humains. Mon intention de présenter Eric Haubruge comme Vice-Recteur était bien connue depuis au moins un mois, mais personne dans l’Université n’a attiré son attention, ni la mienne, sur ce problème qui est maintenant présenté comme évident. Qu’il soit soulevé par une réclamation introduite au moment du dépôt des candidatures, et avant la publication des programmes, relève de la guerre tactique électorale où l’on tente de saper les concurrents.

Ce n’est pas ma vue d’une élection rectorale où le débat des idées doit dominer. C’est encore moins ma vue des rapports humains au sein de l’Université. Eric est meurtri, se sent brutalement écarté alors qu’il s’est énormément investi pour l’Université. Je partage sa peine et admire le courage avec lequel il poursuit son travail, dès le premier choc passé. Pour lui et pour tous, je me battrai pour que dans l’Université règnent l’éthique, l’humanité et la liberté, ce sont mes valeurs, celles de mon programme et j’en serai le garant, pas en mots mais en actes.

Un programme, un site

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Mon programme officiel pour l’élection rectorale a été déposé. Vous le trouverez ici, ainsi que sur mon site de campagne électorale, euliege.be. Le nom de ce site (Ensemble pour l’ULIEGE) est emblématique de l’esprit dans lequel je me lance dans cette élection. Plus qu’un candidat, qu’une équipe, l’objectif est de mobiliser toute la communauté universitaire autour d’un programme par lequel, ensemble, nous ferons rayonner l’Université de Liège.

Des réponses et des questions

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Sur un site un peu inattendu « mandatdurecteurliege » est apparu récemment un texte qui se présente comme une suite à la carte blanche parue dans La Libre Belgique début décembre 2017. Le texte a clairement pour objectif de susciter le débat et pose des questions aux candidats Recteur. Il s’agit d’une initiative constructive, tout comme le « Livre vert » préparé par le Conseil du Corps Scientifique qui, très naturellement, est lui plus orienté vers des questions relatives à la carrière. Le texte diffusé est assez long et comporte au moins autant de prises de positions que de questions, celles-ci étant déjà nombreuses.

Un débat serait le cadre idéal pour que les idées de chacun ressortent avec finesse et soient bien comprises. En attendant qu’il s’organise, plutôt que de rester muet, je présente mes premières réactions sur les quatre thèmes abordés dans le document. Une analyse plus circonstanciée sera bien sûr aussi développée dans le programme.

Le Recteur et le pouvoir politique

Le Recteur d’une institution très majoritairement financée par les pouvoirs publics a forcément des contacts fréquents avec le monde politique. Il s’agit d’une relation délicate car le rôle du Recteur est à la fois d’obtenir des moyens pour son université et d’intervenir, souvent de façon critique, dans les débats sur les législations et choix proposés en matière d’enseignement supérieur. Heureusement, les objectifs des gouvernements ne sont pas toujours à l’opposé de ceux défendus par l’université, mais il reste essentiel de pouvoir défendre fermement et efficacement la position universitaire, même si cela ne plaît pas forcément au pouvoir en place. Cela exige d’être aussi convaincu que convaincant, toujours sur la base d’un raisonnement solidement étayé et, surtout, de ne pas porter d’entraves à sa liberté.

Le Recteur et la définition de l’université

Le concept d’une université où recherche et enseignement vont de pair et se renforcent mutuellement est déjà ancien. Régulièrement critiqué, il reste néanmoins la référence jamais détrônée. Le modèle étant établi, reste à optimiser sa mise en œuvre. Là aussi les ingrédients essentiels ne sont pas bien mystérieux : la bonne gestion des recrutements et promotions, un cadre de travail combinant support et liberté, des objectifs clairs et partagés, un minimum de tracasseries perturbantes et des moyens suffisants. Ce dernier point est souvent le plus difficile à garantir vu les contraintes du système de financement en FWB, mais les autres ingrédients n’exigent rien de plus que la volonté de les mettre en œuvre. L’absurde est que, quand les moyens manquent, on a tendance à restreindre la liberté et augmenter les tracasseries, ce qui déclenche une spirale infernale. C’est un peu comme ce qu’on peut observer dans l’économie où des politiques trop restrictives transforment parfois une perturbation en dépression profonde. Au contraire, en période de crise, la confiance, la solidarité, un agenda clair et transparent sur des priorités partagées permettent de mobiliser les énergies et de ressortir plus fort.

Le Recteur et la gestion de l’institution

Gérer une institution de 5.000 personnes accueillant 23.000 étudiants n’est forcément pas toujours simple et les problèmes ne manquent jamais. Dans cette tâche, l’écoute et la concertation sont des aides précieuses, pour tout dire indispensables. Il faut laisser s’exprimer les idées et ouvrir le débat. Par contre, trop de structures ou d’organes, la multiplication des procédures sont une surcharge délétère ; ils font aussi que très souvent on ne décide pas, ou que l’on s’en tient aux choix les plus conservateurs. Les règles ou formules simplistes appliquées uniformément dans l’institution évitent les discussions de fond, mais sont un vrai danger. En procédant de la sorte, on ne gère plus et, le plus souvent, on se contente de propager les situations et les erreurs du passé. Une université ne se gère pas non plus comme une entreprise, son rôle et son mode de fonctionnement sont trop différents. La rentabilité de la production de savoir et de la formation ne se mesure pas. Ce sont des processus qui se construisent dans le questionnement et l’expérimentation et où l’essentiel est de mobiliser son personnel pour avancer avec audace.

Le Recteur et la communication

Le Recteur donne une image de l’institution, en interne, mais aussi en externe où il est un interlocuteur privilégié portant la réputation et la crédibilité de son université. C’est donc un rôle essentiel que l’on ne peut négliger. Plus généralement, il en va ainsi de la communication institutionnelle. S’il y a une vision claire et largement partagée du rôle de l’institution et de l’image qu’elle veut projeter, les choix se font naturellement. C’est aussi par la communication tant interne qu’externe que se (re)construit une communauté universitaire.

Candidature: Articles de presse

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Deux articles de presse récents dans  Le Soir et  La Meuse parlent de ma candidature au Rectorat de l’Université de Liège. Les titres sont accrocheurs avec des termes comme « OPA » et « Alliance pour contrer » et, dans le texte, on voit apparaître des mots aussi forts que « trahison », c’est bien sûr la règle du genre.

Au-delà des mots, ces articles portent des messages importants. Tout d’abord, l’Université de Liège est une institution qui ne laisse pas indifférent et l’élection d’un Recteur n’est pas vue comme un événement anodin. Cela se comprend, l’Université joue un rôle crucial et n’est plus un paquebot naviguant en eaux paisibles. Elle est à la croisée de chemins et fait face à de nombreux défis. Dans ce contexte, le capitaine et son équipage ont clairement un rôle crucial.

Ensuite, la diversité des parcours de l’équipe qui me soutient interpelle, en particulier en ce qui concerne les deux Vice-Recteurs du Recteur actuel. S’ils me rejoignent c’est que toute l’équipe partage une vision. La vision d’une université unie, forte et rayonnante qui remplit pleinement son rôle et veille au bien-être de ses étudiants, comme de son personnel. Cette vision rassemble et que je puisse la porter avec un tel soutien est pour moi un grand honneur. Si c’est cela une « OPA », les banquiers d’affaires seraient tous au chômage.

Remarquons enfin que « trahison » est un mot fort annonçant un danger. Un danger certainement quand c’est à des idéaux et des valeurs que la fidélité fait défaut. Un grave danger pour la démocratie lorsque c’est prendre position et s’exprimer librement qui est qualifié de « trahison ». L’histoire est là pour nous le rappeler.

Une équipe, une histoire : continuité, rupture et rassemblement

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L’équipe a déjà une longue histoire :

  • celle de liens consolidés durant des années, en se côtoyant dans l’université, dans ses conseils ou commissions, dans des fonctions à responsabilités et dans de l’interdisciplinarité qui n’était pas qu’un slogan ;
  • celle de points de vue parfois discordants et de débats animés, mais toujours respectueux, d’échanges, de collaborations, où tous se sont retrouvés dans la découverte des qualités de l’autre ;
  • celle d’engagements pour l’Université de Liège, d’une vaste expérience accumulée et de défis que nous voulons continuer à relever. Continuité.

L’histoire est aussi celle d’examens de conscience, de doutes, de remises en cause de choix posés, d’interrogations sur ses forces et faiblesses et du courage de renoncer par conviction au confort du silence complaisant. Rupture.

C’est enfin le regroupement derrière des objectifs partagés, où chacun trouve le rôle qui lui convient, mais où l’essentiel est de travailler unis pour l’Université de Liège. Rassemblement.

Ce rassemblement est ouvert ! Certains ont un rôle précis comme décrit ci-dessous, mais rejoignez-nous et portons le projet d’une université rayonnante, bâtie sur la force de l’enthousiasme de ses membres et veillant à leur bien-être !

 Ensemble pour l’Université de Liège !

 Autour de Pierre Wolper, Recteur, cinq Vice-Rectrice/Recteurs auront en charge

  • l’enseignement et le bien-être : Anne-Sophie Nyssen,
  • la recherche : Fabrice Bureau,
  • l’organisation interne, l’image et le positionnement institutionnels : Jean Winand,
  • l’innovation, le développement régional et les relations internationales : Eric Haubruge,
  • les infrastructures, la politique immobilière et les finances : Rudi Cloots.

Des Conseillers épauleront l’équipe rectorale pour des domaines importants :

  • Vincent D’Orio pour la santé et les affaires médicales et hospitalières,
  • Philippe Hubert pour la qualité et l’évaluation.

Candidature

Dans un environnement en évolution rapide impliquant de nombreux défis, l’Université de Liège doit, plus que jamais, aller de l’avant dans un esprit constructif et de coopération. Ainsi, fort du soutien des personnes reprises ci-dessous, qui ont accepté avec enthousiasme de travailler avec moi et de mettre leur expérience au service de l’Université, je serai candidat à l’élection rectorale 2018.

 Pierre Wolper

Anne-Sophie Nyssen       Philippe Hubert        Eric Haubruge
Vincent D’orio     Jean Winand      Rudi Cloots      Fabrice BureauIMG_1674 recadree

Retour à l’essentiel

En anglais, l’expression « Back to Basics » est à la fois parfaitement claire et portée par une agréable allitération. La formule est difficile à reproduire en français bien que l’on pourrait tenter « Priorité au Primordial ». Vu le sujet, j’ai toutefois choisi un titre simple, naturel et clair plutôt que de favoriser la tournure de style.


Le nombre de nouveaux étudiants inscrits est suivi quotidiennement avec minutie, les rankings sont surveillés et analysés dès leur parution, les futures règles de financement font l’objet de spéculations angoissées et d’une analyse financière poussée, la comparaison avec les autres universités est constante, … en bref, tous les paramètres de l’Université sont étroitement surveillés avec la diligence d’un hypocondriaque anxieux.

Dans cet état d’esprit, toute variation suspecte d’un paramètre exige une réaction : on s’inquiète, on consulte, on cherche l’organe (la faculté) responsable, on propose des mesures de prudence, on crée un groupe de travail, on renforce la surveillance des indicateurs, on investit dans la promotion et la communication et, surtout, le niveau général d’inquiétude monte. Mais, l’Université est-elle malade ou maladivement hypocondriaque ?

Gérer rationnellement une institution est impossible sans connaître sa situation que ce soit sur le plan financier ou du recrutement étudiant. On ne peut ignorer que nous vivons une période de changements avec ses menaces, ses opportunités et toutes les questions et choix qui en découlent. Nous dépendons largement d’un pouvoir politique interventionniste et dont l’orientation et les options pourraient rapidement changer. Il y a de quoi arriver à un état de préoccupation obsédante et réagir frénétiquement à tout signal perturbant par des mesures superficiellement rassurantes, que ce soit de nouvelles évaluations, de nouvelles structures internes, des restrictions, ou encore de nouvelles règles et procédures.

Mais, la combinaison toxique d’actions (forcément stratégiques), de la concurrence interne face aux restrictions et de préoccupations existentielles fait oublier la clé du succès et de la pérennité de l’Université : un enseignement de qualité, une recherche performante et une implication constructive dans la communauté qui nous entoure, en bref bien réaliser nos missions essentielles. Une université qui remplit bien, très bien, son rôle apporte tellement que l’irrationalité politique qui mènerait à la priver dangereusement de moyens n’est pas imaginable.

 « Bien réaliser ses missions » est facile à dire, mais comment y arriver ? Bien plus qu’un plan détaillé, travailler et décider en ayant toujours cet objectif à l’esprit nous mènera loin. Cela veut aussi dire permettre à chacun de travailler dans la coopération plutôt que la concurrence, dans la confiance plutôt que le contrôle, dans le plaisir du travail bien fait plutôt que la comptabilité des résultats. Idéaliste, peut-être, mais irréaliste certainement pas. Les membres de l’Université ont de grandes compétences, ne les étouffons pas, mais libérons leur potentiel pour nos missions essentielles qui sont aussi leur motivation. C’est ainsi que les problèmes se résoudront et que nous progresserons, y compris dans les rankings.